Kimi Räikkönen a confirmé son statut de « Monsieur Spa » en remportant le Grand Prix de Belgique, signant du même coup la première victoire de Ferrari en 2009. Le Finlandais a devancé d’une courte tête Giancarlo Fisichella, époustouflant deuxième, et l’un des candidats au titre, Sebastian Vettel.
A l’extinction des feux, Fisichella fait durer un peu plus le plaisir de l’écurie Force India - en pole pour la première fois de son histoire - en plongeant en tête dans l’épingle de la Source. Dans les rétroviseurs du Transalpin, Heidfeld profite de l’intérieur pour se glisser en deuxième position mais emmène Trulli. La manœuvre contraint Räikkönen à aller au large mais le Finlandais reprend la piste et utilise son KERS dans le montée de Kemmel pour se débarrasser de Kubica, opportuniste deuxième dans la confusion.
On ne peut pas en dire autant de Rubens Barrichello qui, comme à Melbourne et Istanbul, cafouille sa mise en route et sombre dans la hiérarchie. Rien ne va plus pour l’écurie Brawn GP qui perd dans la foulée son pilote leader du championnat Jenson Button, pris dans un accrochage en série au freinage des Combes. Hamilton, Grosjean et Alguersuari en sont les autre victimes, tandis qu’à l’avant, Trulli n’est pas mieux loti et endommage son aileron avant. Tout ce remue ménage pousse la voiture de sécurité à entrer en action.
C’est alors la ruée dans les stands pour les grands déçus du départ : Barrichello en profite pour faire le plein en essence et Trulli remplace son aileron avant. Cette cacophonie laisse en tête de course Fisichella devant Räikkönen, Kubica, Glock, Webber, Heidfeld, Rosberg et Vettel.
La Safety Car s’efface à l’issue du quatrième tour et offre un second départ : une aubaine pour Kimi Räikkönen, qui tire profit une seconde fois de son KERS pour prendre la tête de la course aux Combes malgré la résistance de Fisichella.
A l’attaque du septième tour, la Ferrari de tête possède 1’’4’’’ sur la Force India de l’Italien et 3’’1 sur Kubica. Barrichello a lui chuté en 12e position. Trois tours plus tard, les écarts sont sensiblement les mêmes alors que les écuries s’apprêtent à ouvrir la première vague de ravitaillements.
C’est Kubica qui passe le premier à la pompe, plus exactement au 12ème passage, suivi par Timo Glock. Si le pilote polonais rejoint la piste sans problème, Glock est ralenti par un problème de pompe à essence et perd une poignée de secondes dans l’affaire.
Räikkönen et Fisichella stoppent, ensemble, deux tours plus tard. Webber et Heidfeld les imitent. Le Finlandais conserve l’Italien dans ses rétroviseurs tandis que Webber fait de même avec Heidfeld au prix d’une sortie dangereuse. Par la faute de son écurie (l’homme à la sucette lui a intimé l’ordre de repartir) l’Australien peut-il être puni par la direction de course ?
L’incertitude sera levée un tour plus tard : Webber est pénalisé d’un ’ drive-through ’ par les commissaires de course et reprend la piste, une fois affranchi de sa sanction, dans le peloton.
Aux avant-postes, c’est la statu quo : Räikkönen ne dispose que d’une petite seconde d’avance sur Fisichella tandis que Kubica commence à lâcher prise et pointe désormais à plus de six secondes. Alonso, qui n’a pas encore ravitaillé, est troisième à trois secondes.
Déjà touché moralement par son accrochage au premier tour puis terrassé par un problème lors de son ravitaillement, Trulli renonce sans gloire dans les stands au 22ème tour. C’est tout le contraire de son compatriote Fisichella, qui réalise des merveilles à l’avant et se rapproche à sept dixièmes de Räikkönen ! C’est le moment que choisit Alonso pour opérer son premier arrêt ravitaillement mais le sort vient à nouveau s’en mêler : égratignée au départ par la Force India de Sutil, la roue avant gauche se montre particulièrement récalcitrante et le mécanicien assigné du Losange ne parvient pas à l’extraire. Le pilote espagnol reprend tant bien que mal la piste dans le ventre mou du peloton mais échaudée par l’incident de Budapest, l’écurie française lui demande de regagner les stands pour abandonner.
Au 29e tour, la hiérarchie reste inchangée : Räikkönen mène toujours la danse devant Fisichella (+1’’1’’’), Kubica (+6’’9’’’), Vettel (+10’’9’’’) et Heidfeld (+13’’8’’’). Kubica ouvre la seconde vague de ravitaillement au 31e tour et s’immobilise 6’’9’’’ avant de repartir.
Inséparables sur la piste, Räikkönen et Fisichella le sont également dans les stands : les deux hommes de tête stoppent au 32e tour et s’arrêtent chacun... 7’’1’’’ avant de repartir dans le même ordre. Vettel occupe provisoirement la tête de la course mais la rend à Räikkönen une fois aux stands pour son second et dernier arrêt. Il reprend la piste en troisième position, à six secondes de la Ferrari n°4.
Il ne reste que sept boucles à parcourir et le pilote Red Bull Racing n’a pas dit son dernier mot : l’Allemand cravache sa RB5 et parvient - en alignant les records du tour - à combler une partie de son retard.
Vettel ne peut finalement empêcher Räikkönen de monter sur la plus haute marche du podium pour la première fois depuis plus d’un an. « Iceman » a gardé la tête froide malgré la pression constante de Fisichella, qui permet à l’écurie Force India de célébrer le premier podium - et donc les premiers points - de son histoire. Vettel est l’un des rares leaders 2009 à ne pas avoir connu la crise et accueille à bras ouverts les points de la troisième place, qui lui permettent toujours de rêver...
Les deux BMW Sauber de Kubica (4e) et Heidfeld (5e) n’ont jamais été à pareille fête à la régulière depuis l’ouverture de la saison et rapportent à l’écurie d’Hinwill neuf points d’un coup. Le duo devance Heikki Kovalainen (6e) sur une stratégie à un seul arrêt qui n’a pas eu à résister bien longtemps à Rubens Barrichello. Le pilote brésilien a été ramené à la raison par son moteur qui a montré d’inquiétants signes de faiblesse dans les derniers tours de course. « Rubinho » a sauvé in-extremis les deux points de la septième place alors que Rosberg (8e) et Webber (9e) se montraient de plus en plus pressants.
Au championnat, le grand bénéficiaire se nomme... Jenson Button ! Le pilote Brawn GP ne concède que deux points à son plus proche rival Barrichello et six à Vettel qui revient à... dix-neuf points du leader. Vettel dépasse néanmoins son équipier Webber, rentré bredouille. Fort de sa victoire, Räikkönen accède à la cinquième place avec 34 points.
La situation est plus ouverte chez les constructeurs : Brawn GP garde toujours les commandes mais voit Red Bull revenir à 23,5 points. La Scuderia Ferrari conforte sa troisième place avec 56 unités.
Rendez-vous désormais dans deux semaines à Monza, pour le Grand Prix d’Italie.